moins c’est PLUS
Weblog de Christian Jasinski
Weblog de Christian Jasinski
10/06/10
Il n’y a pas si longtemps, la mondialisation c’était la meilleure chose du monde et la seule voie possible… Force est de constater, quelques années plus tard, que les résultats ne sont pas vraiment au rendez-vous, pour faire un euphémisme !
30/04/10
Je suis tombé par hasard sur la vidéo ci-dessous et j’avoue que j’étais stupéfait. Non pas à cause du sujet, sans intérêt, mais à cause de l’intonation surréaliste de la voix de la commentatrice. Mais de quelle planète vient-elle ? Elle suit un schéma prosodique quasiment identique dans toutes ses phrases, avec un ton déclamatoire prononcé en début de phrase et une fin de phrase quasiment chantée et monocorde. Telle que je la perçois, cette intonation a 3 significations :
Après avoir écouté pas mal d’accents français, je me suis aperçu que cela ne correspondant à rien de répertorié. En faisant d’autres recherches, j’ai constaté que ce schéma d’intonation correspondait en grande partie à la manière de commenter très curieuse de certains journalistes anglophones qui parlent ainsi depuis environ 25 ans (il suffit d’écouter CNN pour s’en convaincre).
Mes moments préférés, car les plus hors du commun, sont quand elle dit « … sur plusieurs dizaines de mètres », « … avant de finir dans un champ », « … personne n’a été blessé » et, mon préféré, « …à deux doigts de nous faire balayer ».
Le mimétisme chez les journalistes fait donc des ravages car non seulement les contenus et le style sont bien souvent calqués sur les média anglophones mais maintenant même l’intonation est copiée. Il ne reste plus qu’à changer de langue… En attendant, c’est une chance que le ridicule ne tue pas car il y a un tel décalage entre la voix qui commente et le sujet commenté que le résultat est pour le moins risible. Et si on revenait à un peu plus de naturel ?
14/04/10
Le gradient de couleurs se fait généralement en créant une image mais il est maintenant possible d’utiliser le code CSS à cette fin, ce qui est beaucoup plus élégant. De plus, les navigateurs modernes supportent maintenant beaucoup mieux cette fonction. C’est le cas par exemple de IE, Firefox 3.6+, Safari ou Chrome.
Les trois lignes de code CSS suivantes permettent de créer un gradient sans image qui fonctionne dans presque tous les navigateurs. Pour les navigateurs encore réfractaires (bouh…!), on peut rajouter une ligne de code afin d’avoir quand même une couleur de fond de page.
background: #aaaaaa; /* navigateurs non css3 */
filter: progid:DXImageTransform.Microsoft.gradient(startColorstr='#cccccc', endColorstr='#000000'); /* IE */
background: -webkit-gradient(linear, left top, left bottom, from(#cccccc), to(#000000)); /* navigateurs webkit (chrome ou Safari) */
background: -moz-linear-gradient(top, #cccccc, #000000); /* firefox 3.6+ */
A noter qu’Opera ne supporte pas encore cette règle mais cela ne saurait tarder. C’est le moment d’adopter cette notation et de stimuler ainsi les développeurs de navigateurs à s’y mettre.
13/04/10
Parce que le Web a évolué et que les petits dessins qui bougent n’amusent plus personne. Les interfaces avec des trucs partout ont été vues et revues et l’ergonomie de tels environnements est lamentable. Par exemple, impossible d’utiliser les boutons de navigation « Précédent » et « Suivant » du navigateur ou de la souris.
Flash est également l’antithèse des standards du Web et, de l’avis des professionnels conscients de l’intérêt général, il faut en finir avec de tels systèmes. Flash fait plaisir aux créateurs d’interfaces Web qui peuvent ainsi flatter leur égo mais les utilisateurs sont oubliés dans l’histoire, ce qui est un comble !
Enfin, l’essence du Web n’est pas l’animation, c’est la communication d’informations. Les informations n’ont certes pas besoin d’être animées. Elles doivent être, au contraire, directes et claires.
Il est grand temps de donner, enfin, la priorité au contenu et non à l’interface car c’est le premier qui doit conditionner le second et non l’inverse.
Donner la priorité au cadeau et non à son emballage.
Chaque fois que je visite un site en Flash, même s’il est bien fait, ce qui est rare, je me dis « Pourquoi avoir fait ça ? Flash ne s’imposait pas et un site standard aurait été plus adapté et moins cher ».
4/04/10
Voilà l’affaire : récemment, je décide de faire 150 km pour aller à la Fnac la plus proche acheter un ordinateur portable. Je reviens chez moi avec cet ordinateur qui m’a coûté la modique somme de 1000 euros (ce n’est donc pas du bas de gamme), j’allume l’ordi, écran bleu, panne générale. Impossible de le faire fonctionner. Bon.
J’appelle la hot line de la Fnac avec son numéro surtaxé et la personne au bout du fil est incapable de trouver une solution. Bon.
Je m’entends alors dire que je dois ramener l’ordinateur à la Fnac (150 km de plus) à mes frais et que rien d’autre n’est prévu quand la Fnac vend du matériel qui ne marche pas. Bon.
Très mécontent, je reviens à la Fnac, perd une demi-journée de travail, demande à être remboursé. Je m’entends dire que le remboursement ne peut pas se faire de suite et que je le recevrai sous 8 jours par la Poste. Un mois après, je n’avais toujours rien reçu (c’est quand même 1000 euros). Bon.
Je finis par recevoir mon remboursement. Aucune excuse de la Fnac. Rien. Bref, c’était mon premier achat à la Fnac. Ce sera mon dernier.
19/03/10
3/03/10
Est-ce qu’une enquête ou des poursuites ont été lancées ? Non.
Que sait-on de ce fantastique foutage de gueule ? Rien.
Quel est le rôle de l’Etat, des médias, des fabricants de vaccins dans cette affaire ? On sait pas.
Combien ça nous a coûté exactement, qui a payé ? On sait pas.
Sinon, le grand complot ça n’existe pas. C’est comme pour les armes de destruction massive. Qui peut croire au grand complot ?
27/12/09
… parce que les conditions dans lesquelles il faut maintenant l’exercer sont devenues un obstacle à la réalisation d’une bonne traduction. Un industriel me confiait récemment qu’il préférait lire un document en anglais, même si sa connaissance de cette langue était loin d’être parfaite, plutôt que d’essayer de déchiffrer la traduction en français. C’est tout dire ! Voici certaines des raisons qui, si je peux m’appuyer sur mes 26 ans (déjà !) de traduction technique, sont à la base du problème.
Ces logiciels coûtent une fortune (ce fut 3 mois de salaire pour moi), ont une ergonomie déplorable, sont bourrés de bugs et reposent sur un concept qui défie tout ce que la linguistique a pu apporter depuis plus d’un siècle. Ce concept est le suivant : un texte n’est qu’un ensemble de phrases que l’on peut découper, isoler les unes des autres, et mettre dans une mémoire. Plus tard, si l’on a à traduire une phrase déjà rencontrée, il ne restera plus qu’à la récupérer dans la mémoire du logiciel. Autrement dit, une même phrase ne sera à traduire qu’une seule fois dans sa vie de traducteur.
Ce concept peut certainement sembler logique et plaisant mais, quand on connaît la traduction et la linguistique, il apparaît malheureusement bien simpliste et irréaliste, trop beau pour être vrai, un argument fallacieux de vendeur de logiciels. En effet, un texte ne se réduit pas à une concaténation de phrases mais est constitué d’un réseau complexe de relations qui dépassent largement le simple cadre de la phrase (la phrase étant par ailleurs un concept déjà assez nébuleux en lui-même).
Bref, les logiciels dits de TAO reposent sur un principe erroné. Mais le problème ne s’arrête pas là. Ces logiciels ont la pire des ergonomies de toutes les catégories de logiciels que j’ai pu utiliser dans mon travail (logiciels de conception de sites Web, de rédaction, de dessin, de traitement d’images, etc.). Voici par exemple à quoi ressemble leur interface pour le traducteur :
Voilà ce que voit le traducteur ! Aucune mise en page, aucune illustration, un magma de mots mélangés à des signes, une matière qui fait mal aux yeux, la perte du contexte, etc. Le texte qu’aurait dû voir le traducteur est, bien entendu, tout autre puisqu’il s’agit d’une brochure commerciale classique en couleur, très belle, présentant des photos de produits et décrivant ceux-ci.
Ce découpage en phrases, imposé au traducteur, imprime une sorte d’image mentale dans l’esprit de celui-ci dont il est impossible de se débarrasser pendant la traduction : le texte est présenté comme une suite de phrases isolées à traduire tout aussi isolément. Il s’ensuit un calque syntaxique inévitable de l’anglais quand on traduit en français, beaucoup de répétitions inutiles, des formulations artificielles, etc. Il faut lutter contre le logiciel pour avoir une vue d’ensemble du contexte et on n’y arriver jamais complètement étant donnée l’interface prégnante. De plus, les phrases récupérées de la mémoire du logiciel sont nécessairement hors contexte…
Pour achever le portrait des soi-disant logiciels de TAO, je dois dire qu’il est extrêmement rare de retomber sur des phrases similaires entre les différents projets de traduction. En une vingtaine d’années, cela m’est arrivé très peu souvent (comme à mes collègues) et, à chaque fois, j’ai dû reformuler ce que le logiciel me présentait, ce qui rendait la fonction de ce dernier parfaitement inutile !
Et oui ! ll suffit pour moi et mes collègues d’examiner nos factures de la fin des années 80, de faire la conversion francs/euros, pour voir que les tarifs sont toujours les mêmes. Entre temps, bien sûr, le coût de la vie n’a pas baissé… Autrement dit, le traducteur gagne aujourd’hui environ moitié moins qu’il y a 25 ans.
Vu que les charges représentent environ également 50 % de son chiffre d’affaires, le traducteur gagne maintenant à peine plus que le SMIC. C’était certainement pas la peine que je passe 7 ans à l’université pour acquérir 3 diplômes de haut niveau dans des secteurs complémentaires. J’ai récemment calculé que, pour faire du bon travail (je me refuse à bâcler le travail pour gagner plus d’argent), mon tarif horaire est désormais similaire à celui d’une baby sitter.
Mais ce n’est pas tout : non content de voir ses revenus fondre, le traducteur se voit maintenant proposer des travaux dont les délais de livraison sont si courts qu’il ne peut plus organiser son planning. Il faut commencer le travail dès qu’il est proposé sous peine d’être incapable de respecter le délai. Le traducteur se retrouve donc en flux tendu et le moindre problème de traduction remet immédiatement en cause le délai. Il devient donc impossible de planifier quoi que ce soit, de faire des recherches approfondies, d’assurer un contrôle qualité digne de ce nom, etc.
L’ironie veut que ces délais trop courts soient parfaitement inutiles ! En effet, j’ai bien souvent constaté que des travaux réalisés dans l’urgence (95 % des travaux maintenant !) ne sont utilisés que des jours, voire des semaines ou des mois plus tard…
Bien sûr, on peut lire sur le site Web de chaque société de traduction que celle-ci est la championne de la qualité. Mais, de la communication à la réalité il y a bien souvent loin… En tant que traducteur indépendant exécutant, je vois les choses « de l’intérieur » et je sais comment cela se passe. Les soi-disant contrôles qualité sont du niveau CM2 et sont, de toute évidence, conçus par des gens qui pensent peut-être que la linguistique se résume au livre de grammaire de cette même classe.
Ces contrôles portent sur des points utiles mais néanmoins secondaires (par ex. une faute de frappe) et jamais sur des points essentiels. Par exemple :
Tous ces points (et d’autres) essentiels à la fiabilité du contenu technique de la traduction sont soit ignorés, soit survolés. Pourquoi ? Parce que c’est plus compliqué à vérifier que les points secondaires. Il est, par exemple, plus facile de voir qu’un « s » manque au pluriel du substantif que de s’apercevoir que « le cylindre du frein mouillé de châssis du cliquet du mécanisme d’encliquetage » (sic !) est un charabia technique incompréhensible.
D’après l’AFNOR, on traduit correctement en moyenne (traduction + contrôles + tâches annexes) une page de 250 mots par heure. Pour gagner leur vie étant donné les prix trop bas qui leur sont payés, je connais bien des traducteurs qui traduisent maintenant 4 pages de l’heure, voire plus dans certains cas. Bien entendu, comme les miracles n’existent pas, cela ne peut se faire qu’en supprimant des contrôles (voire tous !), en n’effectuant pas les recherches qui seraient nécessaires, en ne vérifiant pas certains points, etc.
La description que je fais de mon métier est malheureusement applicable à de plus en plus de métiers. Les producteurs, ceux qui fabriquent le produit ou le service, sont de plus en plus mal payés, au point qu’ils ne gagnent plus suffisamment leur vie. Les raisons à cela sont nombreuses et pourraient faire l’objet d’un autre article. Ce qu’il faut bien comprendre c’est que les traducteurs, à se plier aux exigences stupides du marché, sont en train de scier la branche sur laquelle ils étaient déjà mal assis. A terme, les clients, lassés de mal comprendre leur documentation traduite, préfèreront la lire directement en anglais, quitte à se la faire expliquer et quitte à se former à cette langue difficile qu’est l’anglais.
6/12/09
Les opérations conduites en Afghanistan devraient coûter 400 millions d’euros au budget de la Défense en 2010 (que nous payons vous et moi), soit une modeste part des 32 milliards d’euros que se taillent les armées (que nous payons aussi).
Cela veut dire qu’il faut environ 4 fois plus d’argent pour maintenir l’armée française en Afghanistan que ce que rapporte un téléthon.
Ca me laisse songeur… pas vous ?
8/11/09
… pour nous dire comment il faut penser, comment il faut vitre, comment il faut comprendre tel ou tel évènement ? Avec leur ton de maître d’école, faussement sûrs d’eux, ne laissant jamais assez de temps de réponse à leurs interlocuteurs, passant du coq à l’âne, complaisants à souhait ou inutilement déplaisants avec les personnes interrogées, incapables d’une quelconque autocritique, encore moins d’accepter la critique des autres, ils nous expliquent la vie.
On pourrait croire qu’ils ont reçu une formation très pointue pour justifier de telles activités. Pas du tout ! Les écoles de journalisme ne forment pas des intellectuels et on peut les comparer aisément à un bac + 3 universitaire. Ce n’est pas rien, certes, mais ce diplôme n’est pas non plus gage de compétences à la hauteur vu les exigences de leur travail.
Tiens, leur travail, parlons-en ! Quand ils ne nous la font pas people ou rubrique des chiens écrasés, les journalistes survolent leurs sujets, ne vérifient pas nécessairement leurs sources, nous rabâchent les mêmes choses, nous distraient, répètent sans savoir ce que d’autres ont dit, etc. bref, n’étaient-ils pas sensés nous informer ?