moins c’est PLUS
Weblog de Christian Jasinski
Weblog de Christian Jasinski
3/03/10
Est-ce qu’une enquête ou des poursuites ont été lancées ? Non.
Que sait-on de ce fantastique foutage de gueule ? Rien.
Quel est le rôle de l’Etat, des médias, des fabricants de vaccins dans cette affaire ? On sait pas.
Combien ça nous a coûté exactement, qui a payé ? On sait pas.
Sinon, le grand complot ça n’existe pas. C’est comme pour les armes de destruction massive. Qui peut croire au grand complot ?
27/12/09
… parce que les conditions dans lesquelles il faut maintenant l’exercer sont devenues un obstacle à la réalisation d’une bonne traduction. Un industriel me confiait récemment qu’il préférait lire un document en anglais, même si sa connaissance de cette langue était loin d’être parfaite, plutôt que d’essayer de déchiffrer la traduction en français. C’est tout dire ! Voici certaines des raisons qui, si je peux m’appuyer sur mes 26 ans (déjà !) de traduction technique, sont à la base du problème.
Ces logiciels coûtent une fortune (ce fut 3 mois de salaire pour moi), ont une ergonomie déplorable, sont bourrés de bugs et reposent sur un concept qui défie tout ce que la linguistique a pu apporter depuis plus d’un siècle. Ce concept est le suivant : un texte n’est qu’un ensemble de phrases que l’on peut découper, isoler les unes des autres, et mettre dans une mémoire. Plus tard, si l’on a à traduire une phrase déjà rencontrée, il ne restera plus qu’à la récupérer dans la mémoire du logiciel. Autrement dit, une même phrase ne sera à traduire qu’une seule fois dans sa vie de traducteur.
Ce concept peut certainement sembler logique et plaisant mais, quand on connaît la traduction et la linguistique, il apparaît malheureusement bien simpliste et irréaliste, trop beau pour être vrai, un argument fallacieux de vendeur de logiciels. En effet, un texte ne se réduit pas à une concaténation de phrases mais est constitué d’un réseau complexe de relations qui dépassent largement le simple cadre de la phrase (la phrase étant par ailleurs un concept déjà assez nébuleux en lui-même).
Bref, les logiciels dits de TAO reposent sur un principe erroné. Mais le problème ne s’arrête pas là. Ces logiciels ont la pire des ergonomies de toutes les catégories de logiciels que j’ai pu utiliser dans mon travail (logiciels de conception de sites Web, de rédaction, de dessin, de traitement d’images, etc.). Voici par exemple à quoi ressemble leur interface pour le traducteur :
Voilà ce que voit le traducteur ! Aucune mise en page, aucune illustration, un magma de mots mélangés à des signes, une matière qui fait mal aux yeux, la perte du contexte, etc. Le texte qu’aurait dû voir le traducteur est, bien entendu, tout autre puisqu’il s’agit d’une brochure commerciale classique en couleur, très belle, présentant des photos de produits et décrivant ceux-ci.
Ce découpage en phrases, imposé au traducteur, imprime une sorte d’image mentale dans l’esprit de celui-ci dont il est impossible de se débarrasser pendant la traduction : le texte est présenté comme une suite de phrases isolées à traduire tout aussi isolément. Il s’ensuit un calque syntaxique inévitable de l’anglais quand on traduit en français, beaucoup de répétitions inutiles, des formulations artificielles, etc. Il faut lutter contre le logiciel pour avoir une vue d’ensemble du contexte et on n’y arriver jamais complètement étant donnée l’interface prégnante. De plus, les phrases récupérées de la mémoire du logiciel sont nécessairement hors contexte…
Pour achever le portrait des soi-disant logiciels de TAO, je dois dire qu’il est extrêmement rare de retomber sur des phrases similaires entre les différents projets de traduction. En une vingtaine d’années, cela m’est arrivé très peu souvent (comme à mes collègues) et, à chaque fois, j’ai dû reformuler ce que le logiciel me présentait, ce qui rendait la fonction de ce dernier parfaitement inutile !
Et oui ! ll suffit pour moi et mes collègues d’examiner nos factures de la fin des années 80, de faire la conversion francs/euros, pour voir que les tarifs sont toujours les mêmes. Entre temps, bien sûr, le coût de la vie n’a pas baissé… Autrement dit, le traducteur gagne aujourd’hui environ moitié moins qu’il y a 25 ans.
Vu que les charges représentent environ également 50 % de son chiffre d’affaires, le traducteur gagne maintenant à peine plus que le SMIC. C’était certainement pas la peine que je passe 7 ans à l’université pour acquérir 3 diplômes de haut niveau dans des secteurs complémentaires. J’ai récemment calculé que, pour faire du bon travail (je me refuse à bâcler le travail pour gagner plus d’argent), mon tarif horaire est désormais similaire à celui d’une baby sitter.
Mais ce n’est pas tout : non content de voir ses revenus fondre, le traducteur se voit maintenant proposer des travaux dont les délais de livraison sont si courts qu’il ne peut plus organiser son planning. Il faut commencer le travail dès qu’il est proposé sous peine d’être incapable de respecter le délai. Le traducteur se retrouve donc en flux tendu et le moindre problème de traduction remet immédiatement en cause le délai. Il devient donc impossible de planifier quoi que ce soit, de faire des recherches approfondies, d’assurer un contrôle qualité digne de ce nom, etc.
L’ironie veut que ces délais trop courts soient parfaitement inutiles ! En effet, j’ai bien souvent constaté que des travaux réalisés dans l’urgence (95 % des travaux maintenant !) ne sont utilisés que des jours, voire des semaines ou des mois plus tard…
Bien sûr, on peut lire sur le site Web de chaque société de traduction que celle-ci est la championne de la qualité. Mais, de la communication à la réalité il y a bien souvent loin… En tant que traducteur indépendant exécutant, je vois les choses « de l’intérieur » et je sais comment cela se passe. Les soi-disant contrôles qualité sont du niveau CM2 et sont, de toute évidence, conçus par des gens qui pensent peut-être que la linguistique se résume au livre de grammaire de cette même classe.
Ces contrôles portent sur des points utiles mais néanmoins secondaires (par ex. une faute de frappe) et jamais sur des points essentiels. Par exemple :
Tous ces points (et d’autres) essentiels à la fiabilité du contenu technique de la traduction sont soit ignorés, soit survolés. Pourquoi ? Parce que c’est plus compliqué à vérifier que les points secondaires. Il est, par exemple, plus facile de voir qu’un « s » manque au pluriel du substantif que de s’apercevoir que « le cylindre du frein mouillé de châssis du cliquet du mécanisme d’encliquetage » (sic !) est un charabia technique incompréhensible.
D’après l’AFNOR, on traduit correctement en moyenne (traduction + contrôles + tâches annexes) une page de 250 mots par heure. Pour gagner leur vie étant donné les prix trop bas qui leur sont payés, je connais bien des traducteurs qui traduisent maintenant 4 pages de l’heure, voire plus dans certains cas. Bien entendu, comme les miracles n’existent pas, cela ne peut se faire qu’en supprimant des contrôles (voire tous !), en n’effectuant pas les recherches qui seraient nécessaires, en ne vérifiant pas certains points, etc.
La description que je fais de mon métier est malheureusement applicable à de plus en plus de métiers. Les producteurs, ceux qui fabriquent le produit ou le service, sont de plus en plus mal payés, au point qu’ils ne gagnent plus suffisamment leur vie. Les raisons à cela sont nombreuses et pourraient faire l’objet d’un autre article. Ce qu’il faut bien comprendre c’est que les traducteurs, à se plier aux exigences stupides du marché, sont en train de scier la branche sur laquelle ils étaient déjà mal assis. A terme, les clients, lassés de mal comprendre leur documentation traduite, préfèreront la lire directement en anglais, quitte à se la faire expliquer et quitte à se former à cette langue difficile qu’est l’anglais.
6/12/09
Les opérations conduites en Afghanistan devraient coûter 400 millions d’euros au budget de la Défense en 2010 (que nous payons vous et moi), soit une modeste part des 32 milliards d’euros que se taillent les armées (que nous payons aussi).
Cela veut dire qu’il faut environ 4 fois plus d’argent pour maintenir l’armée française en Afghanistan que ce que rapporte un téléthon.
Ca me laisse songeur… pas vous ?
8/11/09
… pour nous dire comment il faut penser, comment il faut vitre, comment il faut comprendre tel ou tel évènement ? Avec leur ton de maître d’école, faussement sûrs d’eux, ne laissant jamais assez de temps de réponse à leurs interlocuteurs, passant du coq à l’âne, complaisants à souhait ou inutilement déplaisants avec les personnes interrogées, incapables d’une quelconque autocritique, encore moins d’accepter la critique des autres, ils nous expliquent la vie.
On pourrait croire qu’ils ont reçu une formation très pointue pour justifier de telles activités. Pas du tout ! Les écoles de journalisme ne forment pas des intellectuels et on peut les comparer aisément à un bac + 3 universitaire. Ce n’est pas rien, certes, mais ce diplôme n’est pas non plus gage de compétences à la hauteur vu les exigences de leur travail.
Tiens, leur travail, parlons-en ! Quand ils ne nous la font pas people ou rubrique des chiens écrasés, les journalistes survolent leurs sujets, ne vérifient pas nécessairement leurs sources, nous rabâchent les mêmes choses, nous distraient, répètent sans savoir ce que d’autres ont dit, etc. bref, n’étaient-ils pas sensés nous informer ?
2/11/09
Hier, c’était la journée déguisements genre sorcières, morts-vivants et autres joyeusetés de saison. Bien sûr, il n’était pas question de passer outre. J’en ai profité pour faire un cliché de la Lune, qui n’est pas trop mal, au téléobjectif zoom sur 200 mm.
22/10/09
Principalement parce que les questions d’ergonomie ne sont pas traitées à leur juste valeur. Un exemple ? Pour arrêter Windows, il faut cliquer sur le bouton Démarrer (même dans Windows 7) !
Je passe sur d’innombrables autres points et des traductions françaises à la qualité plus que douteuse…
16/10/09
J’apprends par un article de Reuters qu’il y a eu un 25ième suicide à FT et je lis également la chose suivante : Au sein du gouvernement, une critique … est venue vendredi du secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, Laurent Wauquiez. « La première chose, c’est le boulot interne de France Télécom: il est urgent qu’ils se retroussent les manches, et surtout que le P-DG donne le sentiment d’une empathie et qu’il aille à la rencontre de ses salariés ».
Ce genre de déclaration correspond tout-à-fait à ce que je dénonçais dans un article précédent. J’aime beaucoup l’expression « se retrousser les manches », très à la mode chez les gens en costard ! Je ne suis pas de FT mais qu’est-ce qu’il croit ce ministre, que les salariés de FT se reposent ? Mis à part qu’ils se suicident…
J’aime aussi beaucoup l’expression « …le PDG donne le sentiment d’une empathie… ». Voilà, il faut donner le sentiment d’une empathie. Ce n’est même pas être en empathie c’est « donner le sentiment que l’on est en empathie ». Et il ne faut rien changer à la politique de FT, il faut être en empathie, juste de l’empathie. Pour le reste, rien !
Quand est-ce que nos ministres et décideurs vont arrêter de faire de la communication ? Quand est-ce qu’ils vont nous parler ?
Arrêtez de communiquer, parlez-nous !
9/10/09
Après 24 suicides en 20 mois dans son entreprise, le PDG de France Telecom s’exprime dans une récente interview. Et voilà ce qu’il dit :
« Je n’ai pas pris en compte suffisamment les signaux faibles qui arrivaient ». Comment se fait-il que ces signaux soient faibles car on ne parle pas ici de petits problèmes ? Pourquoi n’ont-ils pas été pris en compte ? Qu’est-ce que garantit que maintenant de tels signaux seraient pris en compte ?
« Je pense qu’on a sous-estimé un certain nombre de paramètres humains ». Qui est « on » dans cette phrase ? Quels paramètres ?
« On a fait des transformations majeures, on les a probablement fait trop vite ». Le PDG ne remet pas en question les transformations (lesquelles ?), il doute uniquement sur la vitesse de mise en oeuvre desdites transformations.
« Les salariés ne vont pas très bien parce qu’ils ont pris un choc ». Cela veut dire que si les salariés de FT ne vont pas bien c’est parce que d’autres salariés se sont suicidés. Et si d’autres salariés se sont suicidés, c’est pourquoi ?
« Ils sont en train de se reconstruire après cette épreuve terrible ». Le « ils » c’est à nouveau les salariés qui sont vus ici comme venant de subir une épreuve (le suicide de leurs collègues) et qui cherchent à s’en remettre. Ah la démagogie !
Bref, pas un mot sur les causes des suicides, rien de concret sur de vrais changements à apporter à la politique de l’entreprise. Que des phrases creuses, de la com. Je résume la « pensée » du PDG : « j’ai une toute petite part de responsabilité (les signaux étaient faibles) mais je n’y suis pour rien et les salariés vont s’en remettre ». Autrement dit, passez votre chemin.
Un court extrait vidéo de ce PDG. Je vous laisse juge du ton, de la manière et du fond :
9/10/09
Surtout la fable où il écrit : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». En lisant cette phrase, je pensais à Mitterand, le ministre de la culture (mais je pourrais penser à d’autres, c’est vrai).
Voilà quelqu’un qui écrit aller en Thaïlande pour avoir des relations sexuelles payées avec des garçons ou des gosses (sic) mais qui nous dit que ces garçons, ces gosses, ont à peu près le même âge que lui (soit environ 60 ans puisqu’il est né en 1947). Pourquoi il faut le croire ? Parce que c’est ce qu’il dit. Il dit qu’il a fait 22000 km en avion pour avoir des relations sexuelles avec des gens de son âge. Et qu’ils étaient consentants. Et qu’il les avait payés pour cela.
Vous pouvez le croire si vous voulez.
C’est vrai que Mitterand est éloquent et il faut dire que c’est son métier puisqu’il est (était) présentateur de télévision. Mais l’éloquence trouve dans les faits ses limites.
8/10/09
…ou pire : on prendra des mesurettes pour faire parler les médias et, sur le fond, rien ne sera fait pour lutter contre le réchauffement de cette planète. Quelques années après le fameux « Grenelle de l’environnement », où on allait voir ce que l’on allait voir, on voit bien maintenant le chemin que prend la France (et d’autres pays) : des prises de position de façade destinées à animer les médias parisiens (pléonasme !).
Mais il y a un gros problème : les scientifiques ne savent pas dire quand on atteindra le point de non retour. C’est peut-être maintenant, peut-être en 2030, aucun scientifique sérieux ne peut l’affirmer. Par contre, on peut affirmer que ce point de non retour existe compte tenu des données scientifiques sur l’atmosphère terrestre.
Quand ce point sera atteint, la Terre aura un destin similaire à la planète Vénus (avec quelques différences étant donnée sa position plus éloignée par rapport au Soleil) : ce sera une sorte de fournaise sans eau où les conditions pour la vie ne seront plus réunies.
Ce sera nous les responsables et, pour nos enfants, les coupables.
Un changement radical en matière de modes de vie, d’utilisation de l’énergie et de contrôle des naissances s’impose. Mais, jour après jour, année après année, ce changement est repoussé, discrètement, avec doigté et de manière subtile, mais il est bel et bien repoussé. On prend des engagements pour dans 20 ans, 30 ans… c’est commode. Et on ferme tous les yeux. On ne veut pas voir. Voir qu’on ne fait rien ou, ce qui est pire en fait, presque rien. On ne veut pas voir qu’on ne fera rien ?