Archive for décembre, 2006

Les slogans politiques de 2007

Voilà les slogans de certains des principaux candidats aux élections présidentielles de 2007 :

  • L’ordre juste
  • La rupture tranquille
  • La France de toutes nos forces

Franchement, si c’est avec ce genre d’expressions, totalement vides de sens, qu’on pense que je vais aller voter, c’est raté ! Les Hommes politiques sont toujours « pour le progrès », « contre la précarité », « pour ce qui est bien » et « contre ce qui est mal ». Ils sont pathétiques.

J’imagine que tous ces slogans ont dû coûter très cher à ceux qui les ont commandés. Des dizaines de pages ont dû être écrites pour justifier le choix de telle ou telle terminologie. Des gens en costume ont dû se féliciter d’avoir su résumer en quelques mots une situation complexe.

Ces 3 slogans ont quelques points communs. En premier lieu, ils sont subjectifs. En effet, quand on dit « l’ordre juste », par exemple, chacun d’entre nous se fait une représentation mentale différente de ce qu’est « l’ordre » et de ce qu’est « la justice ». La signification du terme « ordre juste » diffère donc d’une personne à une autre. Autrement dit, on ne pourra pas reprocher à la femme politique qui prononce ce slogan aujourd’hui de ne pas l’appliquer demain car elle dira que l’ordre juste règne, grâce à elle. Et vous ne pourrez pas la contredire car le sens que vous donnez à « ordre juste » n’est simplement pas le même que le sens qu’elle y donne.

Autre point commun à ces slogans : ils ratissent large. Comment ne pas être d’accord avec l’ordre, la justice, le changement, la force, etc. Ce sont des idées positives, en théorie. Prenons par exemple « la rupture tranquille ». Personnellement, cela me fait plutôt penser au slogan de Giscard qu’à celui de Mitterand : « le changement dans la continuité ». On fait plaisir à ceux qui veulent du changement (de la rupture) et en même temps on fait plaisir à ceux qui n’en veulent pas (tranquille).

Encore un point commun : ces slogans ne veulent rien dire de concret. Quand on dit « la France de toutes nos forces », on n’a rien dit. Car quoi ! Quelle France ? Quelles forces ? Les forces de qui ? Comment ? Pour qui ? C’est très commode de se gargariser avec des mots creux comme cela, ça fait plaisir mais concrètement on ne sait rien de ce que veut faire l’auteur de ce slogan.

Bref, avec ces 3 slogans (mais les autres sont pareils), on voit qu’il faudrait signer un chèque en blanc à des Hommes politiques voulant gouverner la France mais même pas capables d’imaginer un slogan convaincant. Moi, je signe pas ! Je veux du concret. Que les candidats me disent clairement ce qu’ils vont faire et surtout COMMENT ils vont le faire. Qu’ils prennent des engagements concrets et datés. Qu’ils me montrent leur CV exact. Par exemple, je ne suis pas sûr qu’un avocat (ou une avocate) soit le mieux placé pour gouverner un pays. Est-ce qu’un avocat a appris les compétences requises pour être président(e) d’un Etat ?

Le livre électronique

En 2000, je me rappelle une conversation avec un ami bien informé qui disait que dans 3 ans maximum (soit en 2003) tout le monde aurait son livre électronique. Je lui répondais que je ne croyais pas du tout au livre électronique et que c’était une technologie vouée à l’échec. Force est de constater, en 2006, que j’avais raison (pour une fois !), en tout cas pour l’instant.

Pourquoi je n’y crois pas ? Pour une première raison qui semble échapper aux industriels ou commerciaux dans bien des secteurs (y compris la téléphonie mobile) : la commodité. Le livre papier, format de poche, est très commode : on peut l’amener partout car il est petit, l’ouvrir et lire immédiatement, il n’y a pas besoin de le brancher, de changer les piles, de le recharger, d’acheter des cartes mémoire, il ne tombe pas en panne, etc.

Une autre raison c’est que le livre électronique n’apporterait rien à l’acheteur par rapport au livre papier. C’est juste une façon techniquement compliquée de refaire ce qui existe déjà. Les produits qui n’apportent rien de plus à l’utilisateur sont rejetés ou ont du mal à s’imposer. Voir par exemple les difficultés de l’organiseur électronique…

Je ne suis également pas sûr qu’en terme de coût cela soit intéressant pour le producteur ou le consommateur. A voir.

Par contre, je ne crois pas non plus aux librairies (les vraies). Je pense que la vente de livres va peu à peu totalement basculer sur le Web car le libraire n’apporte rien au consommateur que ne peut apporter le site Web dans ce domaine. Je ne sais pas s’il faut se réjouir de cela ou s’en attrister…