Politique

Boycott des Jeux de Pékin ?

Quand les Jeux Olympiques de 2008 ont été confiés à la Chine, tout le monde connaissait la situation au Tibet. Pourtant, c’est bien à la Chine qu’est revenu le droit d’organiser les Jeux.

Quand on commerce avec la Chine, on s’interroge peu, voire pas du tout, sur la politique chinoise.

Alors, il faut cesser l’hypocrisie : soit on cesse de commercer avec la Chine, on ne lui donne pas la responsabilité d’organiser les Jeux et on n’y participe donc pas. Soit on commerce avec la Chine et on participe aux Jeux.

Boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux est une hypocrisie de plus. On fait semblant d’être outré mais, en fait, on participe à la grande messe et, ce faisant, on entérine l’autorité chinoise.

Il faudrait pouvoir protester et pousser des hauts cris… mais sans que cela nous retombe dessus. Quel courage moral !

D’autre part, je n’aime pas qu’un pays, ou des pays, se posent en donneur de leçons. Aucun pays n’est tout blanc ou tout noir. Si l’on veut donner des leçons, il faut le faire par l’exemple et avoir le courage de ses opinions.

Pompes à carburant vert : une parole pas tenue !

L’année dernière, le gouvernement Chirac, par la voix notamment de son ministre de l’économie et des Finances, Thierry Breton, nous avait promis 500 pompes distribuant de l’E85 qui devaient être installées en France avant le 31 décembre 2007.

Aujourd’hui, que constatons-nous : que cette promesse n’a pas été tenue ! Et qu’on en est même très loin puisque, si l’on regarde les chiffres officiels, il n’y a actuellement que 178 pompes ouvertes au Superéthanol E85 en France et une cinquantaine de pompes déjà installées dont la date d’ouverture est proche.

Ce simple fait montre que, comme toujours, nous ne pouvons pas faire confiance aux politiciens. Mais cela, nous le savions déjà, non ? Cela montre aussi que cette politique spectacle qui consiste à prendre des engagements pour plus tard (vous savez, les fameux accords mondiaux pour lutter contre le réchauffement planétaire avec des objectifs à 10 ou 20 ans…), eh bien ces engagements ne sont presque toujours pas tenus comme l’indique l’actualité récente. C’est un simple subterfuge qui consiste à se débarrasser des problèmes en prenant des engagements aussi vertueux qu’hypocrites.

Le discours pervers des médias

Depuis quelques mois, on entend les médias dire de Sarkozy, sur un ton de reproche, qu’il est très (trop) médiatisé et qu’il se sert de cela dans un but politique.

Je trouve cette affirmation vraiment  paradoxale car les médias sont libres de parler de ce qu’il veulent et personne ne les oblige à parler de Sarkozy. Ils peuvent faire la une sur autre chose, c’est un choix qu’ils font. Alors s’ils choisissent de parler de Sarkozy, ils ne peuvent pas venir nous dire ensuite que Sarkozy est trop médiatisé !

Finalement, on a la situation suivante : les médias se reprochent à eux-mêmes de parler de Sarkozy !

Dans la même veine, les médias disent qu’un homme public qui médiatise sa vie privée ne peut plus ensuite demander qu’on le laisse tranquille.  Mais ce sont les médias qui décident de parler de la vie privée d’un homme ou d’une femme et d’envoyer leurs paparazzi sur place. Ils peuvent ne pas le faire s’ils le veulent. Ici aussi donc, ce sont les médias qui décident de rendre publique une chose privée et qui ensuite le reprochent à la personne concernée !

Bien entendu, il s’agit d’un jeu pervers des médias qui sont prêts à tout pour vendre du papier ou de l’heure d’antenne. Mais les médias n’aiment pas qu’on disent qu’ils aiment l’argent et que leur but n’est pas d’informer mais de gagner de l’argent.

Madame Sarkozy et les infirmières

Cette affaire est extrêmement curieuse. Quel rôle a joué madame Sarkozy dans la libération des infirmières bulgares ? Les médias n’arrêtent pas de parler de ce rôle mais, bien qu’écoutant beaucoup ce que disent les journalistes et politiciens, jamais personne n’explique en quoi ce rôle a consisté… Pas le moindre début d’explication.

Devant un tel silence, j’imagine une possibilité : elle n’a joué aucun rôle ! Et c’est la raison la plus évidente pour expliquer que personne, pas même elle, n’est en mesure de fournir quelques détails. La seule explication que j’ai entendue c’est qu’elle avait parlé avec le dirigeant lybien directement en anglais, sans interprète. C’est maigre !

Alors pourquoi lui inventer un rôle ? Grâce à ce type de communication, on lui trouve une raison d’être pour la faire exister alors qu’elle a visiblement du mal à rentrer dans ses habits de femme du président. Autre hypothèse : lui faire jouer un « rôle » permettait de brouiller les cartes, ce qui était plutôt utile vu ce qui a nécessairement été donné en échange de la libération des infirmières (ne soyons pas naïfs !). Simples hypothèses mais l’absence d’explication sur son rôle réel me fait penser qu’il s’agit plutôt d’un rôle supposé.

Comment on nous manipule

Hier soir, j’ai vu un documentaire très intéressant : War Made Easy. Ce film américain traite des méthodes de communication des divers gouvernements américains qui se sont succédés depuis 50 ans environ. On y apprend comment l’opinion publique est manipulée afin d’accepter l’entrée en guerre des USA et la poursuite des hostilités.

Ainsi, j’ai appris, par exemple, que la guerre du Vietnam avait été déclenchée sur la base d’un mensonge du côté américain. Cela n’est pas sans rappeler l’énorme mensonge mondial des fameuses « armes de destruction massive » que l’on cherche toujours… D’ailleurs je suis sidéré de voir comme on a fait très peu cas de ce mensonge incroyable. Il semble que personne n’en soit responsable…

En voyant ce film et les médias télévisés américains (CNN, etc.), je regardais le visage et le comportement des journalistes américains à l’antenne (qui servent généralement de modèles à leurs confrères télévisés européens). Je trouve quasiment effrayant de voir ces visages inexpressifs, au regard figé, ce comportement totalement calculé et stéréotypé (en particulier le port de tête est soumis à des micro-mouvements très curieux), ces couleurs de peau qui rappellent de la cire légèrement orangée (trop de maquillage), ces traits sculptés, ces yeux vides et froids… bbbrrrr ! J’avais l’impression que ces « journalistes » (plutôt des présentateurs à mon avis) n’étaient pas humains, des sortes de machines humanoïdes capables d’énoncer du langage naturel.

Une autre chose m’a révoltée : la guerre est représentée comme un show. Des boutons clignotent pour indiquer le niveau d’alerte, des indicateurs virent au rouge sur fond d’alarme sonore, des images se succèdent à une cadence difficile à soutenir, etc. La guerre est mise en scène comme un spectacle, un suspens que l’on doit entretenir, quelque chose de distrayant. Comme si personne n’allait mourir.

Ce qui m’a le plus touché c’est cette petite fille irakienne qui pleurait en sortant de chez elle avec ses parents et son petit frère alors qu’elle était tenue en joue par des soldats américains surarmés. Qu’est-ce qu’elle va penser plus tard ?

Moscou défie l’Union européenne (sic)

MOSCOU (AFP) – Moscou a présenté mercredi la candidature d’un ancien banquier central tchèque à la tête du Fonds monétaire international (FMI), faisant ainsi entendre la voix des économies émergentes en défiant une règle non écrite selon laquelle ce choix revient à l’Union européenne.

Voilà un bel exemple de titre insidieux orientant indubitablement la pensée (titre que je reprends tel quel de cette dépêche publiée sur Yahoo). L’utilisation du verbe « défier » est en effet intéressante car cela fait de la Russie le trouble-fête, le méchant, celui qui vient entraver l’ordre établi.

Or, que lit-on dans le début de cette dépêche : qu’aucune règle n’existe pour dire que le président du FMI doit nécessairement être Européen ! Alors, pourquoi la Russie ne soutiendrait pas quelqu’un qui n’est pas Français ? Pourquoi même le titre de cette dépêche ne serait pas : « Paris défie les pays émergents » ? Ou encore « Paris défie le monde non européen » ?

Encore une preuve du nombrilisme ambiant en France ?

Faire comme les autres

Avec la campagne électorale, j’ai entendu un Homme politique dire que « Dans un monde globalisé, on ne peut pas ignorer les défis de demain » (sic). Voilà bien une phrase de politicien ! Du point de vue de la rhétorique c’est très intéressant. On peut découper cette phrase en deux parties, chacune étant vraie, dans une certaine mesure en tout cas :

  • « Dans un monde globalisé » : à noter que ce terme est un anglicisme et qu’en français il faudrait dire « mondialisé » mais alors cela donnerait « un monde mondialisé », ce qui ne veut pas dire grand-chose mais aurait l’avantage de montrer que cette expression ne veut effectivement rien dire. En fait, ce que veulent dire les politiciens c’est que les échanges économiques se font maintenant à l’échelon mondial, ce qui est en partie vrai. En partie seulement car les échelons local, régional, national existent toujours.
  • « on ne peut pas ignorer les défis de demain » : oui, évidemment, il serait difficile d’être en désaccord avec une telle Lapalissade. C’est également un euphémisme car « les défis de demain », cela veut dire « les règles économiques libérales ».

Donc, résumons-nous, cette phrase (« Dans un monde globalisé, on ne peut pas ignorer les défis de demain ») est composée de deux parties vraies. Pour autant, la phrase dans son ensemble me paraît fausse. Pourquoi ? Parce que cette phrase suppose une relation de cause à effet entre ses deux parties. Je traduis : « c’est parce que le monde est globalisé que nous devons nous plier à cette globalisation ». Autrement dit « tout le monde fait comme ça, alors nous aussi nous devons faire comme ça ». Autre façon plus claire de le dire « le monde anglo-saxon fait comme ça, alors il faut que nous fassions comme eux ».

Il n’y a pas quelque chose qui vous gêne vous là-dedans ?

Et rien ne se passe…

Les scientifiques les plus éminents du monde nous disent que notre planète se réchauffe, que le Pôle Nord fond, que c’est dû à notre mode de fonctionnement et que la vie même de nos descendants est en jeu. Et nous, on continue notre train-train. Concrètement, on ne change rien, ou si peu que c’est moins que rien. On parle de la vie privée des nantis de ce monde, de la guerre là-bas, des méchants par ci, des gentils par là…

J’avoue ne pas comprendre. La campagne présidentielle bat son plein, avec toujours les mêmes refrains usés jusqu’à la corde. Les médias font semblant d’assister, impuissants, à la comédie humaine et accusent les autres de leurs propres maux. Bref, personne n’en parle. Pire : personne n’agit.

Je t’entends d’ici dire : « Et toi, tu fais quoi ? ». Comme tu vois ici, j’en parle. Mais j’agis aussi :

  • J’ai acheté 2 poëles à bois et j’arrête donc mes autres sources de chauffage (à noter que les poëles à bois sont remboursés à 50 % par l’Etat).
  • Je ne me sers plus de ma voiture que pour le strict minimum.
  • Je n’ai pas acheté de voiture neuve et boycotterai les constructeurs tant qu’ils ne proposeront pas de voitures beaucoup plus propres utilisant autre chose que le pétrole.
  • Je vais voter et ma priorité absolue ne sera pas la dette de l’Etat ou le chômage. Ce sera la vie des générations futures. Pour être au chômage ou avoir des dettes, il faut d’abord être en vie !

Cet hiver, on a eu des températures supérieures de plus de 3 degrés par rapport à la moyenne. Si c’est la même chose cet été…

Les slogans politiques de 2007

Voilà les slogans de certains des principaux candidats aux élections présidentielles de 2007 :

  • L’ordre juste
  • La rupture tranquille
  • La France de toutes nos forces

Franchement, si c’est avec ce genre d’expressions, totalement vides de sens, qu’on pense que je vais aller voter, c’est raté ! Les Hommes politiques sont toujours « pour le progrès », « contre la précarité », « pour ce qui est bien » et « contre ce qui est mal ». Ils sont pathétiques.

J’imagine que tous ces slogans ont dû coûter très cher à ceux qui les ont commandés. Des dizaines de pages ont dû être écrites pour justifier le choix de telle ou telle terminologie. Des gens en costume ont dû se féliciter d’avoir su résumer en quelques mots une situation complexe.

Ces 3 slogans ont quelques points communs. En premier lieu, ils sont subjectifs. En effet, quand on dit « l’ordre juste », par exemple, chacun d’entre nous se fait une représentation mentale différente de ce qu’est « l’ordre » et de ce qu’est « la justice ». La signification du terme « ordre juste » diffère donc d’une personne à une autre. Autrement dit, on ne pourra pas reprocher à la femme politique qui prononce ce slogan aujourd’hui de ne pas l’appliquer demain car elle dira que l’ordre juste règne, grâce à elle. Et vous ne pourrez pas la contredire car le sens que vous donnez à « ordre juste » n’est simplement pas le même que le sens qu’elle y donne.

Autre point commun à ces slogans : ils ratissent large. Comment ne pas être d’accord avec l’ordre, la justice, le changement, la force, etc. Ce sont des idées positives, en théorie. Prenons par exemple « la rupture tranquille ». Personnellement, cela me fait plutôt penser au slogan de Giscard qu’à celui de Mitterand : « le changement dans la continuité ». On fait plaisir à ceux qui veulent du changement (de la rupture) et en même temps on fait plaisir à ceux qui n’en veulent pas (tranquille).

Encore un point commun : ces slogans ne veulent rien dire de concret. Quand on dit « la France de toutes nos forces », on n’a rien dit. Car quoi ! Quelle France ? Quelles forces ? Les forces de qui ? Comment ? Pour qui ? C’est très commode de se gargariser avec des mots creux comme cela, ça fait plaisir mais concrètement on ne sait rien de ce que veut faire l’auteur de ce slogan.

Bref, avec ces 3 slogans (mais les autres sont pareils), on voit qu’il faudrait signer un chèque en blanc à des Hommes politiques voulant gouverner la France mais même pas capables d’imaginer un slogan convaincant. Moi, je signe pas ! Je veux du concret. Que les candidats me disent clairement ce qu’ils vont faire et surtout COMMENT ils vont le faire. Qu’ils prennent des engagements concrets et datés. Qu’ils me montrent leur CV exact. Par exemple, je ne suis pas sûr qu’un avocat (ou une avocate) soit le mieux placé pour gouverner un pays. Est-ce qu’un avocat a appris les compétences requises pour être président(e) d’un Etat ?

Une vérité qui dérange

Hier soir, j’ai vu le documentaire « Une vérité qui dérange ». Je conseille à toute personne de le voir car c’est très bien fait, très didactique et des concepts parfois complexes sont présentés de façon à être compris par le plus grand nombre, sans pour autant tomber dans le simpliste et tout en restant très intéressant.

Quand Al Gore a présenté ce documentaire à l’assemblée nationale française récemment, tous les députés se sont levés et l’ont acclamé. Puisque le problème du réchauffement climatique fait l’unanimité en France, j’aurais aimé que les députés prennent des décisions. Comme d’habitude, on a eu des phrases du style « il va falloir qu’un grand débat s’instaure » ou bien « nous devons faire un geste fort » ou encore « il faut prendre ce problème à bras le corps », etc. mais RIEN n’a été fait. Pas même quelque chose de facile à faire comme demander aux chaînes françaises de diffuser ce documentaire toutes ensembles, au même moment, pour informer les Français.

Je suppose qu’on a peur d’affoler les Français, comme lors de Tchernobyl…

Le seul bémol que je mettrais à ce documentaire c’est que 2 objectifs me semblent visés :

  • Informer sur le réchauffement de la planète.
  • Mettre en valeur un homme politique qui s’appelle Al Gore.

Je ne suis pas sûr que ces 2 sujets doivent être mélangés car cela fait perdre de la crédibilité au premier et dilue un peu trop l’information. Même si Al Gore est assurément un type bien, qui connaît son sujet (et on se demande d’ailleurs comment les Américains ont pu lui préférer l’autre… consternant).